2017.04.12 LPP Doussard La réserve du bout du lac

« TRIBULATIONS D’UN « PAS PRESSE »…

12/04/2017

Doussard – Au bout du lac

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Moi qui n’avais pas forcément l’intention d’écrire un « papier » sur cette sortie connue…

« Pauvre vieux ! » il est des jours où le sort s’acharne…

Donc, onze personnes présentes, dont une nouvelle venue en quête d’un essai, sur le parking rue Georges Brassens, pour un départ à 13 h, comme d’habitude. L’influence de la période pascale a sans doute contribué à ce qu’aujourd’hui notre effectif soit réduit. Qu’à cela ne tienne : avec une aussi belle météo, cette sortie est prometteuse.

Trois véhicules seront nécessaires pour le covoiturage, direction « la réserve du Bout du Lac ».

L’une d’entre nous, donc la « nouvelle », pour sa première sortie avec « les Pas Pressés », tenait impérativement à partir avec sa propre voiture, prétextant de pouvoir, en cours de trajet, écouter sa musique métal favorite ! Ben, on ne va pas bouder cette objection, les volontaires pour le service du transport n’étant pas légion !

Bien, transbordons donc les deux équipements déjà déposés dans le « vieux » kangoo.

Et là, premier incident : une serrure récalcitrante à l’impulsion de la clé, ne permet pas d’ouvrir le hayon arrière. Bien, accédons donc au contenu du coffre, à genoux sur le siège arrière ! Sacs et bâtons sont répartis entre les deux voitures susceptibles de nous prendre à bord.

Le temps de m’assurer que le conducteur du troisième véhicule ait bien assimilé le trajet, voilà que le premier, sans doute par méprise, démarre sans m’attendre, avec… mon sac, mes bâtons… Pourtant c’est un bon copain ! Sourd à mes appels désespérés, me voici debout, pantois, gesticulant au milieu de la route en vains mouvements, mes chaussures à la main !

La troisième voiture déjà au complet, vais-je être condamné à n’assurer qu’un rôle de gardien de parking en ce bel après-midi ?

Mais non, attentive, la conductrice de la voiture intermédiaire au-devant, apercevant ma détresse dans son rétroviseur, s’arrête et me prend en charge, car elle a de la place, elle. Oui, mais en contrepartie, me seront alors imposés… une quinzaine de kilomètres d’écoute de sa musique favorite à laquelle elle tenait tant, laquelle n’a absolument rien à voir avec ma préférence pour notre virtuose artiste local : Christophe Pessey ! Consciente malgré tout de mon inconfort acoustique, elle en modère l’intensité, et comme ma capacité auditive est déjà bien sur le déclin, je vais plutôt m’en tirer assez bien.

Mais… « Pauvre vieux ! »

Après un trajet heureusement ensoleillé, nous voici arrivés sur le parking poussiéreux jouxtant la route de la Vieille Eglise, à Doussard. Récupérant mon équipement dispersé, je propose, pour varier, d’effectuer aujourd’hui le trajet en sens inverse des aiguilles de la montre.

Longeons d’abord l’Ire, à gros débit actuellement, la fonte des neiges dans les Bauges l’alimentant généreusement.

Et profitons de l’abondante et instructive signalisation disposée judicieusement, à maints endroits, tout au long du parcours.

Quittons plus loin ce large et confortable chemin de sable compacté, plan, en forêt, où les arbres laissent apparaître leur nouveau feuillage, pour aborder la zone du marais, sec en cette période de beau temps qui dure.

Le cheminement se fait alors sur la longue lignée de passerelles composées de bastings juxtaposés, ce dispositif n’ayant guère son utilité aujourd’hui, et c’est tant mieux. A la roselière succède le vaste tapis d’ail des ours (allium ursinum), dont l’odeur forte emplit l’atmosphère ambiante. Comestibles, ne pas confondre ces feuilles odorantes (ce sont elles que l’on consomme) avec celles du muguet, très ressemblantes, ou du colchique en automne. Pour cela, il suffit de les humer.

Au sol donc, ce vert prononcé, plus loin le bleu du lac, et au-dessus l’azur du ciel, quelles nuances dans le décor !

Et l’on arrive à « l’Eau Morte », l’affluent le plus important du lac lequel, en ce lieu, est squatté par le castor.

M… : mes lunettes ? A l’évidence, elles ne sont plus au-dessus de mon nez ! A mon insu l’attache, certes en mauvais état, n’a plus assumé son rôle ! Tombées en cheminant sur cet étroit sentier végétal, où donc les retrouver ? Sans grand espoir de succès, dans ce fouillis de verdure, je rebrousse chemin jusqu’à la prairie, bientôt rejoint dans mon exploration minutieuse, par les copains compatissants. Interview des promeneurs arrivant sur ce sentier : rien ! Mes bésicles ont sombré dans le champ d’ail ( ! )

« Pauvre vieux ! » En plus d’une ouïe déficiente, te voilà désormais bigleux !

Côté positif : durant cet intermède imprévu, ces dames ont pu apprécier la douceur d’un bord de l’eau ensoleillé : ce n’est pas perdu pour tout le monde !

Ici donc est le domaine du castor, l’enchevêtrement d’arbres tombés trahit sa présence. Sa description, ses mœurs, son habitat, sont amplement décrit sur de nombreux panneaux colorés, explicites.

Et si je sortais à nouveau mon « Nikon » ? Zut : qu’apparait-il sur son écran ? « Votre carte-mémoire est en lecture protégée ». Ce qui veut dire, en clair, que cette carte n’accepte plus de photos dans son état actuel. Il ne manquait plus que ça ! Pour y remédier, il faut l’extraire de son logement et actionner la languette minus pour la repositionner. Mais bon dieu, pour ce faire, il me faut mes lunettes !

« Pauvre vieux ! » : plus de photos !

La tour Beauvivier se présente à nous : de ce belvédère aménagé sur ce vieil édifice de pierres rafistolé, on jouit aujourd’hui d’un superbe panorama dégagé sur l’étendue d’eau à la teinte virant à l’émeraude et son décor de montagnes l’entourant.

Dès lors, on chemine sur de larges passerelles faites de caillebotis, surélevées au-dessus de la roselière noyée : quelle somme de travail et d’investissement pour réaliser de tels équipements permettant à tout un chacun, poussettes, handicapés, etc., de pouvoir accéder à ce cadre enchanteur.

Bientôt un large ponton aménagé en plateforme face au lac apparait, le regard, de là, portant en enfilade sur tout le « petit lac » coloré. N’est-ce pas un lieu rêvé pour pousser la chansonnette ? A cet effet une mélodie est donc proposée, au titre évocateur : « Le lac bleu d’Annecy ». Mais il me faut bien compenser la mémoire défaillante par un support écrit, lequel a été prévu.

Oui, mais pour le lire, il me faut… mes lunettes ! « Pauvre vieux ! »

Sauvé provisoirement : le copain qui, au départ m’avait trahi, me vient en secours en me proposant sa « réserve d’optique » bienvenue, laquelle va bien compenser. Ambroise, t’es bien le meilleur !

Et heureusement que de belles voix féminines m’accompagnaient fort brillamment dans mes vocalises non mémorisées ! Merci.

Bien vite le large chemin retrouvé nous ramène à la prairie, bouclant ainsi le premier circuit, là où, alentour, ces fichues lunettes supposées tombées, serviront peut-être de loupe à quelque grenouille coassant par là !

Puis, empruntons sur la droite, avec quelques hésitations pour certaines de ces dames, l’attrayante petite passerelle suspendue, instable, objet de plaisantes sensations, qui nous permet de franchir l’Ire.

En sortie de la petite forêt qui suit, on découvre à nouveau avec ravissement, le lac dans toute sa splendeur sous le soleil radieux.

En bordure de la plage aménagée où viennent mourir les vaguelettes poussées par une bise modérée, leur bruit sur le gravier nous rappelant d’autres vastes espaces nautiques qu’on a pu reconnaître par ailleurs : nostalgie…

Après une pause panoramique apaisante et quelques pas sur le sable, rebroussons chemin, un peu à regret pour poursuivre notre périple paisible en forêt aérée.

Arrivés au parking, le soleil est encore haut ! Et si on en profitait pour découvrir ce hameau de Verthier, situé à un quart d’heure d’ici ?

Pittoresque vieux village rattaché à Doussard, que traverse l’Eau Morte. Anciennes fermes bien retapées, chapelle (fermée) restaurée en 2001, vieux pont sur la rivière limpide, arbustes fleuris : que de charme !

Ici est le point de départ du GR 96 pour le col de la Forclaz.

Bien ? Un peu tard à présent pour pousser jusqu’au deuxième pont.

Donc, demi-tour, et bien vite, la D 909 traversée, nos voitures sont en vue.

Bon, allez ! Au casse-croûte ! Restez là-bas à l’ombre des filles, on arrive…

«             - Guy, sors le nécessaire, s’il te plait !

  • Ah, moi je n’ai que la table !
  • Comment çà ! Alors, Ambroise, ouvre ton coffre !
  • Moi ? C’est vide : je n’ai rien !
  • Ah bon ! Pourtant dans la Peugeot, j’y ai vu que mes chaussures ! Regardons encore ?
  • Ben rien ! m…. alors, faut se rendre à l’évidence : le goûter a dû rester dans le Kangoo §
  • Eh ! Les filles, revenez : y a rien à bouffer ! »

La totale, y manquait plus que ça ! On n’a plus qu’à aller casser la croûte à Sous-Aléry, le lac en souvenir !

« Pauvre vieux ! » : confus, la mine défaite devant la risée des copains !

  • Allez, en route pour le retour, et aussi ma … seconde dose de « Métal Music » : dur !

Jusqu’à Sevrier, ça roule, mais devant mes yeux sans assistance, le paysage est flou ! et le moral dans les chaussettes. Puis les ralentissements arrivent ! Ben j’aurai peut-être plus le temps d’y voir clair ! Et de penser au casse-croûte ! Et si, par oubli, je l’avais laissé au pied du Kangoo et qu’un toutou affamé, passant par là, n’en laissait alors qu’un sachet vide, déchiqueté ?

« Pauvre vieux ! »

Enfin le gymnase est en vue ; accueilli comme on peut s’en douter, par un attroupement de mines hilares, ça va de soi !

Et le coffre de la Kangoo toujours condamné ! De plus on me fait ironiquement remarquer que si toutes les portes sont bien fermées, par contre la vitre, elle, est restée ouverte !

« Pauvre vieux ! »

Alors, debout sur le siège arrière, arquebouté, la tête plongeant sous la tablette au plus profond du coffre pour inspecter avec force interrogation : « Euréka : sachet en vue ! Ouf, sauvé !

Et les joyeuses plaisanteries de fuser alors autour de la petite table, l’appétit satisfait ! Ainsi la balade se termine de la meilleure des façons. Mais qu’il y avait donc matière à se divertir !

Vraiment alors, il y a des jours « sans… » ! « Pauvre vieux ! »

Allez, à la semaine prochaine, à Balmont, avec… de nouvelles lunettes !

P.-S. Si, par un curieux hasard, des lecteurs n’étaient pas rassasiés, pour des précisions complémentaires concernant le descriptif de ce superbe circuit de la réserve du Bout du Lac, reportez-vous au premier « jus » en date du 19/11/2015 (du même auteur).

Merci de votre attention.

EP/vm

 

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2017 CHRONIQUES

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